La nouvelle livraison de la collection « Fléchette » contient deux beaux livres de poésie de Laura Vazquez et de Christophe Manon, l’un sur la naissance, l’autre sur la disparition. Chronique croisée.
En apparence, pas grand-chose ne réunit Graine lumière cuire et Tout disparaîtra. Dans le premier, Laura Vazquez s’inspire d’une photographie légendée « Syrie, Région de Mzérib, Terre rouge de la Noukra », datée de 1921 : dans le second, Christophe Manon écrit à partir d’« Italie, Vicence, (...)
Chaque mois : un dossier sur un auteur, des entretiens, des reportages, des chroniques. La littérature que Le Matricule des Anges défend, bon nombre de lecteurs aimeraient qu’elle le soit plus souvent.
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Vie et mort de la lumière
1er janvier 2025 -
1er janvier 2025
L’idée de faire commenter des photos portant sur tel ou tel thème, par des experts présumés, n’est pas vraiment nouvelle. Quant à la guerre d’Algérie, innombrables sont les livres de photos qui lui sont consacrés. Le parti pris, adopté ici par Marie Chominot et Sébastien Ledoux, a pour but de saisir « l’ordinaire d’un temps de guerre » et exclut donc, à priori, toute « trace visuelle spectaculaire, ou dite historique, de la guerre d’indépendance algérienne ». D’une chambre vétuste de (...) -
Prémices de l’écologie
1er janvier 2025Archi-classique de l’écologie, Rachel Carson (1907-1964) a été avec son livre Printemps silencieux la plus précieuse des lanceuses d’alerte. Publié en 1962 c’est ce livre qui a permis l’élaboration d’un mouvement écologique remarquable. Elle y racontait par le menu comment la faune, et en particulier les oiseaux pâtissaient gravement des produits « phytosanitaires » (euphémisme pour dire dangereusement cancérigènes) utilisés par l’agriculture intensive. Elle se mourait alors elle-même (...) -
Le salaire de la peau
1er janvier 2025Une galerie d’art à Zurich en 2008, comme en remake du film de Denys de La Patellière Le Tatoué (1968), dans lequel un « marchand d’art sans scrupule » (Louis de Funès) convoite la peau – un Modigliani – d’un « légionnaire d’apparence rustre » (Jean Gabin). Le tatoué de Zurich, c’est Tim Steiner. Une photo (ci-contre) nous le montre lors de l’expo Wim Delvoye au Louvre en 2012. Grand tatouage dorsal – tête de mort, madone auréolée, des roses rouges et d’autres bleues, etc. Le dense (...) -
1er janvier 2025
C’est un petit livre carré, 16 cm sur 16 cm. Sur la couverture, le dessin montre un vieux bonhomme, chauve, moustachu, qui ouvre sa porte et invite le lecteur à entrer chez lui. On aperçoit un fauteuil, une bibliothèque, des tapis, une ambiance confortable et chaleureuse. Le vieux bonhomme aimable, on le reconnaît vite : Paul Fournel, 77 ans, auteur facétieux et prolifique, membre du Collège de ‘Pataphysique et de l’Oulipo. Quant au dessinateur et complice, il s’agit d’Étienne (...) -
Retour à Greenville
1er janvier 2025Dorothy Allison, décédée en novembre dernier, paye ses dettes dans un récit de vie tendre et furieux. Un puissant livre d’émancipation.
En introduction à Trash (Cambourakis, 2022), recueil de nouvelles des années 1980, Dorothy Allison le soulignait déjà : « L’élément central de ma vie, c’est d’être née en 1949 à Greenville, en Caroline du Sud, fille bâtarde d’une jeune femme blanche issue d’une famille désespérément pauvre, qui avait arrêté le collège l’année précédente, travaillait (...) -
1er janvier 2025
Chauves vs chevelus : un épisode du Gulliver de Swift ou du Tristram Shandy de Sterne ? Non, l’Éloge de la calvitie de l’évêque Synésios de Cyrène (370 ? – 413 ?), qui avait étudié la philosophie auprès d’une femme, Hypatie. À trois siècles de distance, il répond à Dion Chrysostome, fameux orateur sous Néron, et qui dans son martial et viriliste Éloge de la chevelure célébrait les héros, les guerriers, les « Achéens aux longs cheveux ». Le ton est dans l’autodérision. « Je perdais mes (...) -
Minuit, heure zéro
1er janvier 2025La maison d’édition republie les passionnants mémoires de son fondateur, Jean Bruller, dit Vercors, disparu en 1991. L’occasion de (re)découvrir ses origines clandestines pendant la Seconde Guerre mondiale et l’histoire d’un dessinateur qui cherchait à sauver « notre vie intérieure ».
À l’heure où tentent de se réinventer les Éditions de Minuit après leur changement de direction (Thomas Simonnet, venu de L’Arbalète, ayant succédé en 2022 à Irène Lindon), la parution en poche de La (...) -
Sortir de l’ombre
1er janvier 2025Francesca Pollock met en lumière la vie et l’œuvre de son peintre de père Charles, frère aîné de Jackson.
Francesca Pollock n’est pas la fille du fameux Jackson Pollock (1912-1956), figure emblématique s’il en est de la peinture américaine d’après-guerre. Son père était Charles, l’aîné de la fratrie, professeur d’arts graphiques mais peintre lui aussi, et non des moindres. Or qui le savait, tant il a délibérément pris soin de rester dans l’ombre, cultivant une discrétion confinant à (...) -
Isabelle Gugnon
1er janvier 2025Carcoma de Layla Martínez
Carcoma, premier roman de Layla Martínez, m’a fascinée dès le départ par sa grande maîtrise. Deux femmes, une grand-mère et sa petite-fille, exposent tour à tour un récit a priori similaire, mais seulement en apparence. Dès le départ, le lecteur est amené à se demander laquelle des deux dit la vérité, mais il ne le découvrira qu’en partie. Car tout dans Carcoma est fait de faux-semblants, de vraies illusions, de flous artistement agencés. À commencer par (...)